Au fil des décennies, notre Périgord se meurt. Lentement, sûrement. Les chiffres livrés par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) sont terribles. Sur le plan démographiquecomme sur le plan économique. Des secteurs entiers se dépeuplent ; la population vieillit ; les jeunes s’enfuient ; les emplois se réduisent comme peau de chagrin. La faute à la conjoncture et à la crise ? Un peu trop facile. Bernard Cazeau, depuis qu’il a pris le pouvoir, n’a eu de vision sur le long terme ni de stratégie de développement.

Ce n’est même pas une affaire de droite ou de gauche. Ce qu’a fait Henri Emmanuelli, membre éminent du Parti socialiste, dans les Landes, montre que, partant d’un diagnostic très inquiétant, il est possible d’apporter des remèdes. En imaginant ce qu’allaient pouvoir être les Landes au début du XXIe siècle, il a redonné vie à son département grâce à l’implantation de sociétés innovantes et compétitives, créatrices d’emplois et de richesses. De même en Vendée où Philippe de Villiers a redonné aux habitants la fierté de leur histoire et trouvé, en un habile mélange de tradition et de modernité, le moyen de faire de son département une terre riche et novatrice, enracinée et désenclavée à la fois.

En Dordogne, pendant ce temps, on a râlé. Et on continue de râler. Si ça ne va pas, et quel que soit le problème, c’est de la faute de l’Etat. Le conseil général voudrait bien, mais l’Etat ne lui donne pas les moyens ! « Vous comprenez, les charges sont de plus en plus lourdes, on ne peut plus s’en sortir… » Assez ! On est au pays de l’homme ou pas ? Oui. Alors que les hommes se lèvent ! Que les hommes se bougent ! Qu’ils prennent leur destin en main ! Qu’ils créent, qu’ils bâtissent et qu’ils fassent preuve d’imagination ! Et qu’à gauche, on arrête de pleurnicher.

Le département de la Dordogne n’a pas profité de la conjugaison de la gauche dans les années 90 … tant à la région qu’avec les gouvernements de sa sensibilité. La Dordogne est aujourd’hui l’un des départements les plus endettés de France. Une dette qui pèse sur nos têtes mais aussi sur celles de nos enfants. Et dont le produit n’a jamais été investi pour assurer durablement notre avenir.

« Volèm viure e trabalhar al país ! », scandait-on dans les manifs des années 1970. Oui, nous voulons vivre et travailler au pays et que nos enfants et petits-enfants y vivent et y travaillent eux aussi ! ! C’est pour cela que nous devons, tous ensemble, redonner vie à notre Périgord, en faisait preuve d’imagination, d’esprit d’innovation et de solidarité concrète entre les générations, bref, de tout ce qui manque à l’équipe sclérosée qui dirige la Dordogne depuis trop longtemps.

Alain Lucas.

Paru dans l'Echo du Ribéracois du 16 décembre 2010.