br /> Attaquer Albany en l’accusant de « fermer l’usine pour faire plus de profit » est digne d’un manifestant obtus d’extrême gauche, pas d’un maire dépositaire de l’intérêt général. Quant à un président de conseil général qui accuse l’entreprise de vouloir « l’endormir », il aurait effectivement mieux fait de dormir plutôt que de dire ce qu’il a dit. Ces propos mettent de l’huile sur le feu et illustrent, à l’inverse, le sens des responsabilités du délégué syndical CGT qui appelle à « rester prudent parce que les négociations vont débuter ». Le véritable enjeu est clair : les élus locaux doivent se battre pour obtenir d’Albany les meilleures conditions de départ possible pour les salariés et négocier pied à pied avec tous les intervenants de la région pour reclasser un à un chacun d’entre eux.

C’est la responsabilité présente des élus locaux dont on espère qu’ils l’assumeront mieux qu’ils n’assument leur responsabilité passée qui est écrasante. Ils sont aux commandes de la ville et du département depuis un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Et depuis, ils n’ont cessé, à coups de subventions, d’emplois et de dépenses publics, de tout faire pour bannir l’emploi privé de la région. Parce que, naturellement, c’est aujourd’hui qu’ils se rendent compte que ces subventions, ces dépenses et ces emplois n’ont cessé d’être financés par des impôts de plus en plus lourds. Jusqu’au jour où Albany devant rationaliser son outil industriel, elle a choisi de le faire au détriment de Ribérac.

Ce qui n’a pas toujours été le cas : lors des précédentes restructurations industrielles, l’usine Albany de Ribérac avait profité de fermetures de sites en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. La roue a tourné. Le problème est que ni Monsieur le maire, ni Monsieur le Président du conseil général n’ont fait le quart du dixième de la queue ce qu’il fallait pour la roue tournât du bon côté.

Ajoutons pour faire bonne mesure que, parmi les raisons qui ont fait tomber le couperet sur Ribérac, figure l’enclavement de la ville. À chaque fois que nous avions demandé d’améliorer la desserte de la RN 10, de la A 89, et d’en finir avec le scandale des poids-lourds en pleine ville, on a préféré rire au nez de ceux qui posaient cette question.

Enfin, lorsqu’un projet intelligent de nature à créer des emplois localement a émergé, comme par exemple l’excellente idée du parc de Bagatelle dans le nontronnais, la majorité du conseil général l’a consciencieusement saboté.

Et maintenant, ces messieurs viennent accuser un groupe international de fermer une usine pour le plaisir. C’est scandaleux et indigne !