Les télés, les radios, les journaux, presqu'unanimes, s’en prennent à Sa Sainteté Benoît XVI au motif qu’il refuse, tout comme son prédécesseur, de publier l’encyclique Dura lex sed latex [l’expression est du regretté André Frossard], qu’appellent de leurs vœux tous les démangés de la capote qui, se moquent comme d’une guigne de quelque précepte chrétien que ce soit. Aujourd’hui, on tord le coup à la vérité dans tous les sens, la palme de l’ignominie étant à décerner au Journal du Dimanche qui prétend rien moins que faire abdiquer le pape, sur la foi d’un sondage réalisé naturellement auprès de gens qui ne s’intéressent ni de près ni de loin à la foi chrétienne.

Disons à tous ces bien-pensants qu’avant de s’exprimer, ils feraient mieux de prendre connaissance des propos exacts de Benoît XVI. Les voici : ils ont été exprimés en réponse à une question d’un journaliste de France 2 :

Philippe Visseyrias, France 2 : Saint-Père, parmi les nombreux maux dont souffre l’Afrique, il y a en particulier la propagation du sida. La position de l’Eglise catholique sur les moyens de lutter contre le sida est souvent considérée irréaliste et inefficace. Allez-vous aborder ce thème durant votre voyage ?

Benoît XVI : Je dirais le contraire. Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l’homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d’épreuve avec les malades. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font.

En écho à cette déclaration dans la droite ligne des préceptes de l’Eglise, le Président burkinabé, Blaise Compaoré, a, tenté de donner un peu de dignité au débat : « En Afrique, nous vivons le sida au quotidien. Le débat sur le préservatif ne nous concerne pas. Certains critiquent l’Eglise en prétendant défendre les Africains. Mais la plupart n’ont jamais mis les pieds chez nous ! je leur conseille de venir faire un séjour au Burkina (…) En France, l’intelligentsia ne comprend pas cette proximité avec les responsables catholiques. Chez nous, l’Eglise est d’abord synonyme d’écoles et de dispensaires. Le débat sur le sida n’est pas théorique, il est pratique…

Un seul reproche au Président burkinabé : appeler intelligentsia les crétins cathodiques qui ont lancé cette immonde campagne de dénigrement contre le Saint-Père est un peu abusif. Laissons le mot de la fin à Elisabeth Levy qui, elle, n’a rien d’une crétine cathodique : « je suis toujours étonnée qu’on s’étonne que le pape soit catholique ! »