S’il avait pris la peine de s’intéresser à ce qui se passe dans le groupe parlementaire qu’il vient de quitter plutôt que de ruminer des rancoeurs personnelles, il se serait, par exemple, aperçu que, depuis quelques semaines, la question de la législation du travail à propos du dimanche soulevait un vrai débat parmi ses collègues députés. Pas plus tard que ce lundi 8 décembre, c’est une proposition soumise durant le week-end par un sénateur UMP que celui-ci a décidé de retirer parce que son groupe s’y opposait. À part cela, d’après Daniel Garrigue, il n’y aurait pas de débat à l’UMP. C’est en tout cas ce qu’il prétend, mardi 9 décembre, dans un journal de gauche.
En fait, il reproche à l’UMP de ne pas s’aligner sur ses propres convictions. À lire ce qu’il est écrit, on se demande ce qu’il faisait encore à l’UMP.
Daniel Garrigue s’en prend donc à la loi Tepa de juillet 2007. Reprenant la vieille antienne, et la seule, des socialistes, depuis dix-huit mois, il dit s’être « alarmé du renforcement excessif du bouclier fiscal et notamment de son extension à la CSG ». Ses électeurs seront donc heureux de découvrir aujourd’hui que M. Garrigue trouve tout à fait normal que l’État continue à piquer dans la poche des citoyens plus de la moitié de ce qu’ils gagnent. Il tombe dans le piège traditionnel de la gauche française qui continue à croire, au contraire de tous les autres partis de gauche européens, que le seul moyen de justice sociale est d’aggraver, encore et toujours, les prélèvements obligatoires. Rien de nouveau, Laguiller et Besancenot disent la même chose depuis des décennies ! rappelons simplement à Daniel Garrigue l’apostrophe d’Abraham Lincoln : « ce n’est pas en ruinant le riche que vous aiderez le pauvre… » Si tant est que la loi Tepa profite plus aux riches qu’à tous ceux qui travaillent et qui considèrent que le premier des droits de l’homme est de vivre des fruits de son travail. Ce n'est plus le cas depuis trop longtemps. Et Nicolas Sarkozy est le premier, depuis Georges Pompidou précisément, à s’en réellement préoccuper.
M. Garrigue poursuit en s’indignant que le même bouclier fiscal s’applique au 1,1 % de prélèvement en faveur RSA. Que serait le bouclier fiscal si, à la première occasion, on l’ampute d’une exception ?
Il s’en prend encore à « l’annonce du retour de la France dans l’organisation intégrée de l’Otan… » Il faudra que M. Garrigue s’informe ! il n’est manifestement pas au courant des talibans, de la menace islamique partout dans le monde, de la restauration d’un pouvoir autocratique en Russie, des prétentions de la Chine à vouloir dicter sa conduite au Président de la République française… une seule de ces menaces suffirait à justifier l’existence d’une alliance solide entre partenaires qui partagent les mêmes valeurs de civilisation.
Enfin, et l’argument est, cette fois-ci, le plus ahurissant de tous. Avant de quitter la salle en prononçant des mots peu aimables, il avait déjà stigmatisé l’UMP à Thiviers le 30 novembre dernier, en se plaignant des revers électoraux en Dordogne. Il récidive par voie de presse nationale. Il est juste que depuis 15 ans, époque bénie où nous avions la majorité départementale, quatre députés, un sénateur, nous n’avons cessé de reculer. Mais depuis combien de temps, Daniel Garrigue est-il à la tête du RPR puis de l’UMP départementaux ? depuis 15 ans, nous n’avons perdu qu’une seule élection nationale : les législatives voulues et décidées par certains que, manifestement, Daniel Garrigue préfère à ceux qui sont aujourd’hui aux commandes. Et pendant ce temps, nous perdions tout en Dordogne. N’ayons pas la cruauté de lui rappeler qu’en regrettant à Thiviers la perte par Dominique Mortemousque de son siège de sénateur, il en est le premier responsable en perdant la mairie de la seule ville importante de Dordogne où Nicolas Sarkozy avait devancé Royal à la présidentielle.