Désertification médicale du Haut-Périgord
Par Alain LUCAS, samedi 15 novembre 2008 à 13:48 :: Actualité Dordogne 24 :: #72 :: rss
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Par Jean-Philippe MARCHAIS, médecin généraliste et conseiller municipal de Nontron. "Gouverner c'est prévoir" dit le vieil adage. On ne peut pas dire qu'en matière de santé il ait été appliqué. Nous sommes dans le Nord-Dordogne au seuil de l'implosion démographique médicale, avec des départs à la retraite non compensés et une prospective désastreuse.
La question de la permanence des soins est pourtant une préoccupation essentielle des Français, mais comme souvent, on attend le pire pour réagir. N'attendons pas toutes les solutions de Paris, c'est aussi aux élus locaux et départementaux de réagir. Rien n'attire plus les jeunes confrères (je suis médecin et élu à NONTRON) dans nos régions reculées. Plusieurs raisons à cela :
- les 35 heures qui lors de leur application ont démotivé la plupart d'entre nous qui travaillons entre 70 et 80h par semaine,
- l'extension programmée des secteurs de garde pour janvier 2009 (on passe de 48 à 17 secteurs !!!) alors que les médecins de ville (Bergerac, Sarlat, Périgueux)voient leurs gardes s'arrêter à minuit, gérées par le SAMU et l'hopital.
Je n'écris pas cela pour entamer une guerre fratricide dans la corporation mais simplement pour signaler que cette inadéquation aggravera le dépeuplement médical de nos campagnes, en particulier dans le Nord du Département, non équipé en structure hospitalière.
Certes nous tentons bien de recruter des médecins étrangers (la mode actuelle est plutôt à la Roumanie), mais que faire de ces jeunes médecins qui vont aller engorger les grandes villes?
Nous nous organisons actuellement pour faire des contre-propositions constructives aux instances (ministère, DDASS...) qui à des fins d'économie (certes la santé n'a pas de prix mais elle a un coût), afin de diminuer l'enveloppe des astreintes payées aux généralistes de garde, envisagent donc cette extension des secteurs, réduisant par là-même, l'égalité des chances des patients en cas d'urgence.
Imaginez qu'un médecin seul couvre un secteur allant de Bussière-Badil à la périphérie de Brantôme !!! Il a par contre été dit avec force par tous les médecins du Nord-Dordogne leur désir de poursuivre la permanence des soins, c'est-à-dire des gardes.
Comment y répondre au mieux ? Une structure semble essentielle : créer une antenne SAMU sur le Nontronnais, par exemple à l'hôpital de Nontron, afin de gérer au plus vite les urgences vitales et cela sans surcoût faramineux, c'est-à-dire en utilisant les véhicules des Sapeurs-Pompiers qui ne demandent qu'à justifier l'existence de leur matériel par une utilisation accrue (je suis aussi médecin-pompier et vous prie de croire que nous sommes très bien équipés et le personnel formé). Oui, mais voilà, par la mauvaise volonté de certains, ces résolutions ne peuvent aboutir. Là doivent intervenir les élus municipaux, membres du SDIS, les conseillers généraux et le préfet afin d'IMPOSER cette collaboration SAMU-POMPIERS. Cette idée fait son chemin dans l'esprit des généralistes du Nord-Dordogne à qui j'ai soumis cette proposition.
En résumé, je dirais qu' il ne suffit pas de mesures de défiscalisation déjà en oeuvre pour attirer des médecins à la campagne, mais une réflexion plus vaste et rapide avec les EFFECTEURS de terrain, trop souvent oubliés dans les discussions, avant que de voir disparaître tout bonnement les derniers médecins de terrain.
Une autre solution est aussi la Maison Médicale Rurale dont le principe se développe actuellement, fédéralisant les moyens et diminuant les coûts de fonctionnement, mais ceci est un autre sujet ...








Commentaires
1. Le mardi 18 novembre 2008 à 23:45, par Denis
2. Le jeudi 20 novembre 2008 à 17:50, par jean-philippe MARCHAIS
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