Au moment où les plus éminents spécialistes internationaux, où tous les chefs d’Etat et de Gouvernement tentent d’analyser la situation financière et économique mondiale, Bernard Cazeau a, lui, déjà bouclé son analyse : C’est la faute du Gouvernement et des droits de mutation si tout va mal en Dordogne.

Sur ce dernier point, nous ne pouvons que lui donner raison : Le Département de la Dordogne va effectivement mal. Mais cela ne date hélas pas de la crise actuelle. Est-il par exemple nécessaire de rappeler que la Dordogne possède, depuis de nombreuses années, un des taux de pauvreté les plus élevés de France ?

Face à ce cruel constat pour sa gestion, qu’il voudrait tant irréprochable, Bernard Cazeau choisit, une fois encore, l’accusation systématique en défiant même les plus hauts responsables des services de l’Etat dans notre Département, alors que tout le monde loue, en Dordogne, leur sérieux et leurs compétences.

Les difficultés de la Dordogne reposeraient également, selon Bernard Cazeau, sur le faible niveau des droits de mutation. Il est regrettable qu’il s’aperçoive juste maintenant que ces droits sont naturellement soumis aux aléas de l’activité économique et qu’ils sont donc trop variables pour assurer la construction d’un budget sérieux. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir été averti, sur ce point précis et à de multiples reprises ces dernières années, par son opposition.

Sur le plan politique, toujours aussi omnipotent, Bernard Cazeau distribue, de gauche à droite, les bons points et les blâmes. Lui qui est passé sans état d’âme de Mitterrand à Jospin puis de Strauss-Kahn à Delanoë, il se permet aujourd’hui de juger la qualité de son opposition et de donner des leçons de démocratie.

A l’heure où, au sein du Conseil Général et du Département, tout est politiquement verrouillé par ses soins, où la plus haute administration départementale est sous la coupe et la surveillance permanentes des apparatchiks du Parti Socialiste ; Au moment où toute critique à son encontre est perçue comme un crime de lèse-majesté, Bernard Cazeau est certainement le plus mal placé pour se permettre de donner de telles leçons.

Au final, dans le contexte qui nous préoccupe tous aujourd’hui, tout cela ne semble ni bien sérieux ni bien raisonnable.

Alors que les Présidents de gauche dans les Régions et les Départements s’autoproclamaient il y a peu de temps encore comme le seul contre-pouvoir crédible, ils ne se révèlent être, la première crise grave venue, que de simples agitateurs sans bien grande consistance.