Un sondage parfaitement ridicule couvre une demi-page entière du Monde, daté du 11 octobre, selon lequel « 93 % des Français votent Obama ». On peut déjà se demander quel est l’imbécile qui a cru bon de débourser au moins 30 000 euros pour poser une question aussi idiote ?
Doit-on lui rappeler que ce ne sont pas les Français qui voteront aux Etats-Unis le 4 novembre prochain et qu’en conséquence, la réponse à ce sondage n’a rigoureusement aucun intérêt ? Hors celui de démontrer l’arrogance de ces media qui prétendent dicter aux Américains pour qui il faut voter. Et d’expliquer, ensuite, si John McCain devient Président des Etats-Unis que, naturellement, les Américains sont des imbéciles qui ne comprennent rien à rien, incapables qu’ils sont de choisir un grand génie que, eux les Français, avaient repéré du premier coup d’œil.

Ce sondage démontre aussi l’instinct grégaire des media français. Il suffit d’aller dans n’importe quelle librairie en France pour trouver une bonne demi-douzaine de livres traduits dans notre langue sur Barack Obama… et pas un seul sur John McCain. Cela fournit d’ailleurs l’explication du résultat de ce sondage stupide : à force de n’entendre parler que d’un seul candidat, les personnes sondées répondent forcément qu’elles voteraient pour celui qu’elles connaissent.

Quant à ceux qui seraient tentés d’émettre un avis contraire, ils préfèrent se taire pour n’avoir pas à s’expliquer sur un sujet sur lequel ils n’ont, de toute façon, aucune influence. C’est ainsi que les rares responsables politiques français qui aient osé émettre un avis sur les élections américaines, se sont presque tous prononcés pour Obama. Ce qui est leur droit le plus légitime ; mais le problème est que les autres préfèrent ne rien dire. C’est pourquoi il faut saluer des élus ou des personnalités comme Hervé Mariton ou Rachid Kaci qui n’ont pas hésité à rappeler que le partenaire naturel de l’UMP aux États-Unis n’était pas Obama mais John McCain.

Quant à être prétentieux, il suffit d’entendre le nouveau refrain qui commence à sourdre depuis quelques jours : ce n’est pas parce que les sondages donnent Obama vainqueur qu’il sera élu. Tout simplement parce qu’il est noir et les électeurs refusent de l'avouer aux sondeurs. Ce discours est extrêmement instructif. En clair, on dit aux Français : « nous savons que les sondages sont faux mais nous vous les livrons quand même parce que les Américains sont racistes ».

À défaut de s’indigner, il vaut mieux en rire. C’est le parti pris par Alexandre Adler qui s’était prononcé en faveur d’Obama avec un argument remarquable : comme il ferait un bien plus mauvais président que McCain, l’Europe pourrait en profiter pour se renforcer sur la scène mondiale au détriment des États-Unis.
Aussi génial qu'implacable !