Un niveau d'emploi record
Par Tarick DALI, jeudi 12 juin 2008 à 09:56 :: Débats nationaux :: #58 :: rss
Envoyer à un ami
Pendant des années, voire des décennies, l’emploi était au cœur de l’actualité. Un gouvernement ne réussissant pas à réduire le chômage, était condamné à la défaite. Époque révolue. Il semble qu’aujourd’hui, le sujet n’intéresse plus personne. On pourrait s’en plaindre. Mais, après tout, que le chômage ne soit plus forcément la première préoccupation ni la crainte majeure des Français n’est-elle pas la meilleure nouvelle depuis plus de trente ans ?En 1982, Pierre Mauroy alors Premier ministre avait insisté sur l’objectif de son gouvernement de ne pas dépasser la “crête” des deux millions de chômeurs. La crête a été dépassée et même pulvérisée au point que la crête suivante, celle des trois millions de sans-emploi, fut même dépassée !
Aujourd’hui, et donc pour la première fois depuis 1982, la France recense depuis plusieurs mois, moins de deux millions de chômeurs. Le taux de chômage descend vers les 7 %... et personne n’en parle. Naturellement, il ne faut pas compter sur la gauche pour en parler, ce n’est pas son intérêt. Il faut reconnaître aussi qu’en la matière, la majorité ne semble pas très habile à mettre en avant peut être le plus beau de ses succès et, probablement, le plus prometteur pour la cohésion du pays. C’est un succès ! mais il est insuffisant, l’objectif étant désormais la barre des 5 % de chômage, seuil considéré par les économistes comme celui du plein emploi. L’objectif sera difficile à atteindre parce que, comme pour un véhicule rapide, chaque km/h supplémentaire est plus difficile et plus coûteux à atteindre que le précédent.
Mais il est accessible parce que la France, structurellement, est aujourd’hui plus apte à créer des emplois qu’elle ne l’était naguère. Comparons trois périodes de quatre ans.
La dernière s’étend de 2002 à 2006. Pour un taux de croissance faible, aux alentours de 2 %, 1,1 million d’emplois ont été créés.
La période comparable avec un taux de croissance moyen un peu plus faible, celle de 1994 à 1998, a quasiment connu un niveau de créations d’emplois proche de zéro, environ 100 000 en tout.
Dernière période de quatre ans, 1998-2002. Ce fut la plus forte période de croissance que la France ait connue depuis la fin des “Trente Glorieuses” en 1974, plus de 3 % en moyenne annuelle : 1,5 million d’emplois créés. C'est-à-dire à peine plus que depuis 2002 pour un taux de croissance quasiment double.
Autrement dit, la France n’a plus besoin d’un taux de croissance très élevé pour ne plus détruire d’emplois, voire pour en créer. Ou, si l’on préfère, alors qu’il fallait au moins 2 % de croissance annuelle pour simplement stabiliser le chômage, on peut désormais y parvenir à partir de 1,5 %, toute croissance supplémentaire au-delà de ce seuil provoquant une diminution du chômage. Cette évolution n’est pas la conséquence du hasard. C’est le fruit du desserrement progressif de l’économie française et des freins à l’emploi qui s’étaient multipliés durant trop longtemps. Mais des freins existent toujours. C’est pourquoi il ne faut pas relâcher l’effort, il faut continuer sur la voie actuelle pour, enfin, atteindre le seuil du plein emploi.








Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire