Les Tchèques et les Slovaques ne disent pas merci aux soixante-huitards
Par Tarick DALI, jeudi 15 mai 2008 à 16:19 :: Débats nationaux :: #52 :: rss
Envoyer à un amiLes sexa et septuagénaires qui ne veulent pas laisser leurs confortables places dans les media aux générations suivantes, se remémorent leur jeunesse en nous rebattant les oreilles avec mai-68. Mais s’il est inutile de leur rappeler les dégâts dont souffre encore la France par leur faute, il est nécessaire de se remettre en mémoire leur responsabilité dans la mise au pas de la Tchécoslovaquie.
Cette même année 1968 s’était ouverte début janvier par la succession du sinistre Antonin Novotny à la tête du Parti communiste local par le réformateur slovaque Alexander Dubcek. Immédiatement, celui-ci engagea une série de réformes en s’appuyant sur d’autres dirigeants communistes plus ouverts que la moyenne : liberté de la presse, réformes économiques, ouverture des frontières et liberté de circulation.
À Moscou, pendant que les plus durs se demandaient s’il ne fallait pas étouffer très rapidement ce mouvement, Brejnev, dictateur de l’époque, ne jugeait pas utile d’intervenir à Prague tant que le rôle dirigeant du Parti communiste tchécoslovaque restait reconnu. C’est d’ailleurs, douze ans plus tôt, seulement lorsqu’Imre Nagy avait établi le pluralisme et décidé de quitter le Pacte de Varsovie, que Khrouchtchev avait décidé d’envoyer ses troupes écraser la révolution hongroise. Pas avant, c'est-à-dire pas tant que les réformes ne remettaient pas en cause le Parti unique et l’alliance avec l’URSS.
Pas tant non plus que les Américains ou les Européens risquaient d’avoir la tentation ou la possibilité d’intervenir. Ce qui ne fut plus le cas en novembre 1956, lorsque Français et Britanniques s’engagèrent en Égypte pour tenter de récupérer le canal de Suez confisqué par Nasser, sans demander l’avis des Etats-Unis qui n’apprécièrent pas du tout l’initiative. Khrouchtchev profita ainsi de cette discorde chez des Occidentaux qui avaient l’esprit ailleurs ,pour faire le ménage à Budapest.
Le scénario se reproduisit à l’identique en 1968. Brejnev mit à profit l’enlisement des Américains au Vietnam et les conséquences de la chienlit française, pour écraser le printemps de Prague. La preuve ? pendant que les admirateurs de Mao, Trotski, Guevara, Castro et autres sinistres tyrans sanguinaires, se croyaient capables d’instaurer leur dictature marxiste à Paris, le Général de Gaulle était à Bucarest. Or qu’y déclara-t-il le 15 mai 1968 ? « Seule l’émancipation des nations parlant avec leur voix et pour leur propre compte peut venir à bout [de la guerre froide et de la coupure de l’Europe en deux] ». La politique d’indépendance du certes peu recommandable Ceausescu était ainsi saluée et c’était aussi un « soutien à la politique tchécoslovaque », comme l’écrivait le 16 mai 1968 le journal Le Monde, peu suspect de gaullisme.
Comment explique-t-on alors que le Général de Gaulle qui, non seulement avait de bonnes relations avec les dirigeants soviétiques mais aussi leur oreille, soit resté silencieux trois mois plus tard, lorsque les chars russes envahissaient Prague le 21 août ? Tout simplement parce qu’il ne pouvait pas faire autre chose que de remettre le pays d’aplomb après la chienlit. Quant aux Américains, ils étaient encore plus impuissants. Le pays était en campagne électorale présidentielle et le président Lyndon Johnson carbonisé. La guerre du Vietnam l’avait mis à terre au point qu’il avait jeté l’éponge avant de risquer de se faire battre aux primaires du Parti démocrate.
Un président américain sortant incapable de remporter les primaires de son propre parti, ça ne s’était jamais vu et ne s’est jamais reproduit. Voilà comment, sans le savoir, des apprentis sorciers, qui rêvaient d’une dictature marxiste en France, en ont consolidé une pour les vingt et une années suivantes en Tchécoslovaquie.
À Moscou, pendant que les plus durs se demandaient s’il ne fallait pas étouffer très rapidement ce mouvement, Brejnev, dictateur de l’époque, ne jugeait pas utile d’intervenir à Prague tant que le rôle dirigeant du Parti communiste tchécoslovaque restait reconnu. C’est d’ailleurs, douze ans plus tôt, seulement lorsqu’Imre Nagy avait établi le pluralisme et décidé de quitter le Pacte de Varsovie, que Khrouchtchev avait décidé d’envoyer ses troupes écraser la révolution hongroise. Pas avant, c'est-à-dire pas tant que les réformes ne remettaient pas en cause le Parti unique et l’alliance avec l’URSS.
Pas tant non plus que les Américains ou les Européens risquaient d’avoir la tentation ou la possibilité d’intervenir. Ce qui ne fut plus le cas en novembre 1956, lorsque Français et Britanniques s’engagèrent en Égypte pour tenter de récupérer le canal de Suez confisqué par Nasser, sans demander l’avis des Etats-Unis qui n’apprécièrent pas du tout l’initiative. Khrouchtchev profita ainsi de cette discorde chez des Occidentaux qui avaient l’esprit ailleurs ,pour faire le ménage à Budapest.
Le scénario se reproduisit à l’identique en 1968. Brejnev mit à profit l’enlisement des Américains au Vietnam et les conséquences de la chienlit française, pour écraser le printemps de Prague. La preuve ? pendant que les admirateurs de Mao, Trotski, Guevara, Castro et autres sinistres tyrans sanguinaires, se croyaient capables d’instaurer leur dictature marxiste à Paris, le Général de Gaulle était à Bucarest. Or qu’y déclara-t-il le 15 mai 1968 ? « Seule l’émancipation des nations parlant avec leur voix et pour leur propre compte peut venir à bout [de la guerre froide et de la coupure de l’Europe en deux] ». La politique d’indépendance du certes peu recommandable Ceausescu était ainsi saluée et c’était aussi un « soutien à la politique tchécoslovaque », comme l’écrivait le 16 mai 1968 le journal Le Monde, peu suspect de gaullisme.
Comment explique-t-on alors que le Général de Gaulle qui, non seulement avait de bonnes relations avec les dirigeants soviétiques mais aussi leur oreille, soit resté silencieux trois mois plus tard, lorsque les chars russes envahissaient Prague le 21 août ? Tout simplement parce qu’il ne pouvait pas faire autre chose que de remettre le pays d’aplomb après la chienlit. Quant aux Américains, ils étaient encore plus impuissants. Le pays était en campagne électorale présidentielle et le président Lyndon Johnson carbonisé. La guerre du Vietnam l’avait mis à terre au point qu’il avait jeté l’éponge avant de risquer de se faire battre aux primaires du Parti démocrate.
Un président américain sortant incapable de remporter les primaires de son propre parti, ça ne s’était jamais vu et ne s’est jamais reproduit. Voilà comment, sans le savoir, des apprentis sorciers, qui rêvaient d’une dictature marxiste en France, en ont consolidé une pour les vingt et une années suivantes en Tchécoslovaquie.







Commentaires
1. Le vendredi 16 mai 2008 à 12:57, par Monique M.
2. Le samedi 17 mai 2008 à 08:43, par MARIE JOSEAbenoza
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