Appelons les choses par leur nom et reprenons très exactement les propos de Xavier Darcos, ministre de l’Éducation : « La France est le seul pays au monde où les lycéens font grève tous les quinze mois en répétant des slogans fort surannées que les syndicats nous répètent depuis trente ans ».
On peut même ajouter qu’on les connaît désormais par cœur : il y en a deux. De jeunes crétins se croient en effet devenus de grands résistants parce qu’au lieu d’aller en cours ils préfèrent les sécher pour proférer alternativement : « Tartempion t’es foutu, les petits cons sont dans la rue ! » et « Tartempion, si tu savais, ta réforme où on se la met… ». Voilà comment chaque année des syndicats d’enseignants irresponsables et criminels manipulent des lycéens qui gobent leurs billevesées.
L’Éducation nationale est, depuis quarante ans, un tonneau des Danaïdes dans lequel plus on déverse de l’argent, plus il fabrique des illettrés. Complicité des gouvernants incluse parce que ceux-ci sont terrorisés par les syndicats marxistes qui ont réussi à faire accepter l’idée que l’école et les enseignants n’étaient pas là pour transmettre le savoir mais pour écouter des enfants qui ont tout à apprendre. Le crime est là. Ils ont tué des générations entières d’élèves uniquement par préoccupation idéologique.
Tant qu’aucun ministre de l’Éducation n’aura pas, une bonne fois pour toutes, décidé que l’école était faite pour apprendre à lire, écrire et compter, nous aurons quelques poignées de petits agitateurs qui arrivent à faire croire qu'ils sont nombreux grâce à la complicité des media audiovisuels. Xavier Darcos semble l’avoir compris ; il ne doit pas se laisser intimider par des manifestants saisonniers. Il doit appliquer à la lettre son programme qui est, soit dit en passant, extrêmement modeste. En effet, 11 000 postes de moins dans l’Éducation nationale, c’est largement inférieur au minimum qu’il faudrait supprimer en réalité :
• Ça fait moins de 1 % des effectifs globaux du ministère qui compte 1,2 million fonctionnaires ;
• Au cours des quinze dernières années, le budget alloué à l’enseignement secondaire a augmenté d’un tiers en euros constants et a quasiment doublé en monnaie courante ;
• Toujours en l’espace des quinze dernières années, le nombre d’élèves dans l’enseignement secondaire a baissé de 5 %.
Et il y a quinze ans, les élèves n’étaient pas plus mal formés qu’aujourd’hui. Mais pour comprendre cela, il faudrait une école qui apprenne aux élèves à lire, écrire et compter…