Forza Berlusconi !
Par Tarick DALI, vendredi 18 avril 2008 à 18:48 :: Débats nationaux :: #48 :: rss
Envoyer à un amiN’en déplaise aux donneurs de leçons de tout poil qui dictent la ligne à suivre, félicitations à Silvio Berlusconi pour sa nette victoire et pour son prochain retour à la tête du gouvernement italien !
Cet événement mérite d’être compris et pas seulement caricaturé. On entend ici et là qu’une telle victoire est incompréhensible alors que Berlusconi aurait déçu les Italiens qui l’ont renvoyé dans l’opposition il y a moins de deux ans. Question évidente de la part d’un enfant mais ceux qui la posent sont tout sauf naïfs.
Silvio Berlusconi n’avait été battu que d’extrême justesse en 2006 parce que Romano Prodi avait réussi à bâtir une coalition hétéroclite qui n’était d’accord sur rien sauf sur sa haine maladive de Berlusconi.
Pour bien comprendre ce qu’était cette coalition, il faudrait imaginer un gouvernement français dirigé par Bayrou et comprenant à la fois Besancenot, Krivine, Laguiller, Bové, Buffet, Voynet, Emmanuelli, Strauss-Kahn, Lepage… Robien en ferait également partie après avoir été ministre de Berlusconi, son seul ralliement quelques semaines avant les élections permettant la victoire à l’arraché de 2006. Et pour satisfaire tous les micro-partis de cette coalition, le gouvernement compterait plus de 100 ministres et secrétaires d’État. Ajoutons à cela que, durant toute la campagne de 2006, le patron du Medef italien n’avait cessé de savonner la planche du gouvernement sortant et que Berlusconi avait commis la grossière erreur de modifier le système électoral. Voilà comment la gauche avait eu le pouvoir par hasard.
Mais ce n’est pas le hasard qui lui a permis de le conserver près de deux ans. C’est, bien au contraire, une des multiples réussites à porter au crédit de Silvio Berlusconi.
Rappelons-nous d’abord que, jamais, depuis la naissance de la République italienne en 1946, un gouvernement n’avait tenu toute une législature de cinq ans. Même Alcide de Gasperi qui a été le premier président du conseil entre 1946 et 1954, l’a été à la tête de huit gouvernements successifs. Aucun gouvernement italien avant celui de Silvio Berlusconi n’avait duré plus d’un an.
Lorsque Berlusconi est apparu sur la scène politique italienne en 1994, il l’avait fait en partant du constat suivant : l’Italie a le choix entre une démocratie chrétienne (DC) vermoulue et le parti communiste (PCI). Il ne voulait plus de cette sinistre alternative et a profité de l’opération manu pulite (mains propres) qui a démantelé la DC pour, enfin, créer un vrai parti de droite qui n’avait, jusque là, jamais existé en Italie.
Il a donc réussi un triple exploit qui devrait faire réfléchir les donneurs de leçons français :
• Il a bâti une droite en Italie et en a fédéré les composantes ;
• Il a donné la stabilité gouvernementale à un pays qui ne l’avait jamais connue ;
• Il a évité que le parti communiste ne recueille, seul, les fruits de l’opération mains propres.
Ce dernier point est essentiel. Tous les partis politiques italiens ont été emportés au début des années ’90 par l’opération mains propres qui a mis fin à un système de corruption généralisé. Tous sauf le PCI. Et pour cause, il était directement financé par l’Union soviétique. Le sachant pertinemment, il a changé de nom, s’est mué comme tous ses homologues de l’Europe centrale et orientale en parti social-démocrate et a même été le seul parti communiste à avoir gouverné un pays d’Europe occidentale, avec Massimo d’Alema, chef du gouvernement durant dix-huit mois entre 1998 et 2000. Autrement dit, si Berlusconi n’avait pas été là, l’Italie n’aurait qu’un seul vrai parti de gouvernement, le parti communiste même si depuis, il a changé plusieurs fois de nom.
C’est très précisément pourquoi les bien-pensants français vouent une telle haine à Berlusconi ! La semaine dernière encore, on stigmatisait Berlusconi parce qu’il avait osé traiter son adversaire Veltroni de communiste. Ce n’est que la vérité ! Walter Veltroni était, il y a encore dix ans, rédacteur en chef de l’Unita, l’équivalent italien de l’Humanité. Toute l’ossature de ce qu’on appelle le centre-gauche en Italie est d’origine communiste, même si le chef du gouvernement sortant, Romano Prodi est issu de la DC.
Toujours sur le plan institutionnel, se souvient-on que sous le gouvernement Berlusconi avait été préparée une vaste réforme qui devait faire de l’Italie un état fédéral et qui prévoyait même une diminution du nombre de députés et de sénateurs, justement pour compenser le renforcement des structures régionales ? Hélas, c’est l’arrivée de la gauche au pouvoir au printemps 2006 qui a torpillé le référendum de ratification de la naissance de la IIe République italienne.
L’héritage de Berlusconi ne s’est pas limité aux institutions. Se rappelle-t-on aussi que les prédécesseurs de Berlusconi, le communiste d’Alema et déjà Prodi, avaient truqué les statistiques pour pouvoir entrer dans le premier wagon de qualification de l’euro en 1999 ? il a incombé ensuite, à Berlusconi, arrivé au pouvoir en 2001, c’est dire à peine deux ans après l’entrée en vigueur de l’euro, de résoudre ce problème.
Rappelons enfin aux donneurs de leçons qui ne reprochent rien d’autre à Berlusconi que d’être immensément riche. A quoi doit-il sa fortune ? Au fait que l’Italie, du fait des liens incestueux entre les affaires et la politique n’a jamais été gouvernée correctement par cinquante ans de règne de la Démocratie chrétienne. Tout le monde a oublié que, aussi extraordinaire que cela puisse paraître aujourd’hui, la télévision en couleurs n’a fait son apparition en Italie qu’en 1978… oui, dix ans après le reste de l’Europe. Tout simplement parce que de tergiversations en tergiversations, la DC était incapable de choisir entre le standard allemand Pal et le français Secam. C’est à la même époque qu’aucun gouvernement italien n’avait été capable de prendre une décision technique simple comme celle de diviser la lire par 1 000 pour mettre fin aux taux de change ridicules de l’époque.
Du jour au lendemain, devant l’absurdité de la situation de l’audiovisuel local, le gouvernement italien n’a eu d’autre choix que de jeter l’éponge. Il laissa donc le marché réguler seul les ondes. Et Silvio Berlusconi, entrepreneur en bâtiment, s’est engouffré dans la brèche et a fondé une chaîne de télévision lombarde à Milan. Ce fut la première chaîne de télé italienne à diffuser en couleurs. Il a profité de l’avantage pour, en 1980, lancer Canale 5 qui diffusait, cette fois-ci, sur l’ensemble du territoire.
Au lieu de donner des leçons, les bien-pensants de l’intérieur des limites du périphérique parisien feraient bien d’en prendre.
Silvio Berlusconi n’avait été battu que d’extrême justesse en 2006 parce que Romano Prodi avait réussi à bâtir une coalition hétéroclite qui n’était d’accord sur rien sauf sur sa haine maladive de Berlusconi.
Pour bien comprendre ce qu’était cette coalition, il faudrait imaginer un gouvernement français dirigé par Bayrou et comprenant à la fois Besancenot, Krivine, Laguiller, Bové, Buffet, Voynet, Emmanuelli, Strauss-Kahn, Lepage… Robien en ferait également partie après avoir été ministre de Berlusconi, son seul ralliement quelques semaines avant les élections permettant la victoire à l’arraché de 2006. Et pour satisfaire tous les micro-partis de cette coalition, le gouvernement compterait plus de 100 ministres et secrétaires d’État. Ajoutons à cela que, durant toute la campagne de 2006, le patron du Medef italien n’avait cessé de savonner la planche du gouvernement sortant et que Berlusconi avait commis la grossière erreur de modifier le système électoral. Voilà comment la gauche avait eu le pouvoir par hasard.
Mais ce n’est pas le hasard qui lui a permis de le conserver près de deux ans. C’est, bien au contraire, une des multiples réussites à porter au crédit de Silvio Berlusconi.
Rappelons-nous d’abord que, jamais, depuis la naissance de la République italienne en 1946, un gouvernement n’avait tenu toute une législature de cinq ans. Même Alcide de Gasperi qui a été le premier président du conseil entre 1946 et 1954, l’a été à la tête de huit gouvernements successifs. Aucun gouvernement italien avant celui de Silvio Berlusconi n’avait duré plus d’un an.
Lorsque Berlusconi est apparu sur la scène politique italienne en 1994, il l’avait fait en partant du constat suivant : l’Italie a le choix entre une démocratie chrétienne (DC) vermoulue et le parti communiste (PCI). Il ne voulait plus de cette sinistre alternative et a profité de l’opération manu pulite (mains propres) qui a démantelé la DC pour, enfin, créer un vrai parti de droite qui n’avait, jusque là, jamais existé en Italie.
Il a donc réussi un triple exploit qui devrait faire réfléchir les donneurs de leçons français :
• Il a bâti une droite en Italie et en a fédéré les composantes ;
• Il a donné la stabilité gouvernementale à un pays qui ne l’avait jamais connue ;
• Il a évité que le parti communiste ne recueille, seul, les fruits de l’opération mains propres.
Ce dernier point est essentiel. Tous les partis politiques italiens ont été emportés au début des années ’90 par l’opération mains propres qui a mis fin à un système de corruption généralisé. Tous sauf le PCI. Et pour cause, il était directement financé par l’Union soviétique. Le sachant pertinemment, il a changé de nom, s’est mué comme tous ses homologues de l’Europe centrale et orientale en parti social-démocrate et a même été le seul parti communiste à avoir gouverné un pays d’Europe occidentale, avec Massimo d’Alema, chef du gouvernement durant dix-huit mois entre 1998 et 2000. Autrement dit, si Berlusconi n’avait pas été là, l’Italie n’aurait qu’un seul vrai parti de gouvernement, le parti communiste même si depuis, il a changé plusieurs fois de nom.
C’est très précisément pourquoi les bien-pensants français vouent une telle haine à Berlusconi ! La semaine dernière encore, on stigmatisait Berlusconi parce qu’il avait osé traiter son adversaire Veltroni de communiste. Ce n’est que la vérité ! Walter Veltroni était, il y a encore dix ans, rédacteur en chef de l’Unita, l’équivalent italien de l’Humanité. Toute l’ossature de ce qu’on appelle le centre-gauche en Italie est d’origine communiste, même si le chef du gouvernement sortant, Romano Prodi est issu de la DC.
Toujours sur le plan institutionnel, se souvient-on que sous le gouvernement Berlusconi avait été préparée une vaste réforme qui devait faire de l’Italie un état fédéral et qui prévoyait même une diminution du nombre de députés et de sénateurs, justement pour compenser le renforcement des structures régionales ? Hélas, c’est l’arrivée de la gauche au pouvoir au printemps 2006 qui a torpillé le référendum de ratification de la naissance de la IIe République italienne.
L’héritage de Berlusconi ne s’est pas limité aux institutions. Se rappelle-t-on aussi que les prédécesseurs de Berlusconi, le communiste d’Alema et déjà Prodi, avaient truqué les statistiques pour pouvoir entrer dans le premier wagon de qualification de l’euro en 1999 ? il a incombé ensuite, à Berlusconi, arrivé au pouvoir en 2001, c’est dire à peine deux ans après l’entrée en vigueur de l’euro, de résoudre ce problème.
Rappelons enfin aux donneurs de leçons qui ne reprochent rien d’autre à Berlusconi que d’être immensément riche. A quoi doit-il sa fortune ? Au fait que l’Italie, du fait des liens incestueux entre les affaires et la politique n’a jamais été gouvernée correctement par cinquante ans de règne de la Démocratie chrétienne. Tout le monde a oublié que, aussi extraordinaire que cela puisse paraître aujourd’hui, la télévision en couleurs n’a fait son apparition en Italie qu’en 1978… oui, dix ans après le reste de l’Europe. Tout simplement parce que de tergiversations en tergiversations, la DC était incapable de choisir entre le standard allemand Pal et le français Secam. C’est à la même époque qu’aucun gouvernement italien n’avait été capable de prendre une décision technique simple comme celle de diviser la lire par 1 000 pour mettre fin aux taux de change ridicules de l’époque.
Du jour au lendemain, devant l’absurdité de la situation de l’audiovisuel local, le gouvernement italien n’a eu d’autre choix que de jeter l’éponge. Il laissa donc le marché réguler seul les ondes. Et Silvio Berlusconi, entrepreneur en bâtiment, s’est engouffré dans la brèche et a fondé une chaîne de télévision lombarde à Milan. Ce fut la première chaîne de télé italienne à diffuser en couleurs. Il a profité de l’avantage pour, en 1980, lancer Canale 5 qui diffusait, cette fois-ci, sur l’ensemble du territoire.
Au lieu de donner des leçons, les bien-pensants de l’intérieur des limites du périphérique parisien feraient bien d’en prendre.







Commentaires
1. Le dimanche 11 mai 2008 à 13:00, par marchais
2. Le mercredi 14 mai 2008 à 01:09, par Marie
3. Le vendredi 16 mai 2008 à 11:48, par Tarick Dali
4. Le samedi 17 mai 2008 à 08:14, par MARIE
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